rencontres > 2005 - 4e trim.> films jour 3/3 "Foi d'écrivains"
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films présentés le : samedi 10 décembre 2005
Georges Bernanos

Sous le soleil de l’oeuvre, une urgente densité. Georges Bernanos (1888-1948) est pisté au gré de ses déménagements, de ses évolutions politiques (de l’Action française à l’antifranquisme et à la résistance, prônée du fin fond de son exil brésilien), de la Grande Guerre (“le siècle qui vient sera le siècle sanglant”) à son ivresse de la motocyclette, en passant par ses débuts d’agent d’assurance, qui le feront parcourir une France meurtrie et ravagée, pour laquelle il ne cessera d’écrire. Mais ces détails biographiques nous ramènent tous à la grâce et à l’apostolat d’un forçat de la plume. Sur des vues de paysages de l’Artois ou sur un simple travelling léchant un mur de briques, dans la lumière de la musique de Bach, amenée par un commentaire d’une superbe facture, s’élève la prose de Bernanos. Et la télévision, trois quart d’heure durant, fore dans cette compacité spirituelle. Elle mugit “Les grands cimetières sous la lune”, elle murmure “Le Dialogue des carmélites”. Elle nous inflige une salutaire estafilade mentale en retrouvant le sens du sacré. Oui, voici de la télévision des cimes. Et donc, sans doute, des abîmes de l’Audimat. Antoine Perraud (Télérama) Sous la lumière de Bernanos... Cette magnifique évocation du romancier et du pamphlétaire (...) à l’image même de l’oeuvre et de la vie qu’elle illustre, ne doit rien à d’abstraites et confortables considérations théologiques, mais s’inspire du monde vrai, visible ou surnaturel, dans sa douceur ou sa sauvagerie (...) Hervé de Saint-Hilaire

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Paul Claudel

Que de visages derrière l’image du patriarche Paul Claudel ?... Il est né le 6 août 1868 à Villeneuve sur Fère (Aisne). Lorsqu’il a 13 ans, sa soeur Camille entraîne toute la famille à Paris pour travailler la sculpture. Plongé dans le désespoir à 18 ans, il découvre les “Illuminations” de Rimbaud, qui ébranlent son univers intérieur. La même année, la nuit de Noël à Notre-Dame, il trouve la foi en Dieu, lors d’une fulgurante conversion. A 22 ans, il écrit ses premiers drames symbolistes (Tête d’Or, La Ville). Sans argent, il passe le concours du Ministère des Affaires étrangères pour devenir consul. Parallèlement à ses activités d’écrivain, il mènera pendant près de quarante ans une activité de diplomate. Carrière et oeuvre ne lui paraîtront jamais incompatibles. D’abord nommé vice-consul à New York, à 27 ans il est envoyé en Chine, dans laquelle il se plonge avec émerveillement (1895-1909). Sur le bateau, il rencontre Rosalie Vetch, avec qui il vivra une passion de 3 ans... Ses fonctions le conduiront à parcourir le monde : Prague, Francfort, Hambourg, puis Rio de Janeiro en 1917. Il est nommé ambassadeur de France à Tokyo en 1922, puis à Washington en 1927. Sa carrière diplomatique s’achèvera à Bruxelles en 1935...
Son oeuvre d’écrivain-poète est empreinte d’un lyrisme puissant où s’exprime sa foi chrétienne. C’est à la Bible qu’il emprunte sa matière préférée. Son théatre (Partage de Midi) et notamment sa trilogie : L’Otage — Le Pain dur — Le Père humilié, puis L’Annonce faite à Marie et enfin Le Soulier de satin, lui apporteront la gloire... Il est élu à l’Académie Française en 1946, et quitte ce monde en 1955, à l’âge de 87 ans...

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